L’année 2017 s’annonce comme un tournant majeur pour le continent africain. Après 10-15 ans de croissance euphorique, les compteurs sont remis à zéro.L’année 2016 restera comme celle de la déstabilisation de la croissance du continent africain au sommet depuis plus de quinze ans. Avec un taux de 2 % ou moins, selon les dernières perspectives économiques mondiales, certaines économies africaines débutent l’année avec de sérieux handicaps, tandis que d’autres se sont bien armées pour consolider leurs acquis. La chute des cours des matières premières a fait plonger les géants d’Afrique comme le Nigeria, l’Afrique du Sud ou encore l’Algérie, sans oublier l’Angola, le Ghana et l’Égypte. De l’autre côté, certains pays comme la Tanzanie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou l’Éthiopie ont pris le chemin d’une croissance soutenue (à 5 % en moyenne) par une diversification de l’économie. De leur côté, les institutions internationales, telles que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la Banque africaine de développement, même si cette dernière est plus optimiste dans sa prospective, tirent la sonnette d’alarme pour que l’Afrique retrouve en 2017 une croissance durable, forte et équilibrée. Voici les pays qui seront scrutés tout au long de l’année et les nouveaux qui font rêver…

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Parisienne d’adoption, la chanteuse Inna Modja a été élevée en Afrique. A quinze ans, le célèbre musicien malien Salif Keita lance sa carrière musicale. Et malgré un passage remarqué dans le monde du mannequinat, Inna Modja n’a jamais cessé d’être une chanteuse dans l’âme. Il y a cinq ans, elle s’est également lancée dans un long combat contre l’excision, dont elle a été victime enfant.

Ce combat, il lui “a fallu du temps pour en parler”, révèle Inna Modja au magazine “Be”. “Enfant, j’ai moi-même été excisée par des proches de ma famille, à l’insu de mes parents qui étaient contre.”

“J’ai longtemps porté cette blessure en silence, jusqu’à ce que je découvre, à 22 ans, qu’on pouvait se faire ‘réparer’. Je me suis fait opérer immédiatement, et, depuis, je l’évoque sans problème, pour que les jeunes filles concernées sachent que c’est possible, qu’elles ont le droit de le faire”, a continué la chanteuse.

C’est un médecin français, le Dr Pierre Foldès, en collaboration avec l’urologue Jean-Antoine Robein, qui est à l’origine de cette opération chirurgicale réparatrice, mise au point après des missions en Afrique où des femmes lui demandent de les aider. Il s’est ensuite débrouillé pour rendre sa technique la moins coûteuse possible et a réussi à la faire rembourser par la Sécurité Sociale en 2004. Cependant l’excision reste un tabou en Afrique, ainsi qu’en France, où cette pratique est pourtant condamnée.

“C’est très difficile d’aborder le sujet, il s’agit quand même de l’intimité sexuelle des femmes. Et puis, il y a beaucoup d’amalgames”, explique Inna Modja. “Quand je dis que j’ai été excisée, on me regarde avec compassion. Or, les personnes qui la pratiquent le font souvent par ignorance, pour respecter une tradition d’un autre âge.”

“En France il y a une loi qui punit cette acte violent, et je m’en réjouis”, continue la chanteuse. “Mais il vaut mieux prévenir que guérir, et en parler au maximum pour que l’on connaisse vraiment les conséquences, physiques et psychologiques, de l’excision.”

Inna Modja conclut en affirmant être “la preuve qu’on peut vivre avec la souffrance de se sentir amputée d’une partie de sa féminité”, elle qui a pourtant été mannequin et qui a donc symbolisé “une certaine image de la femme”.

“Avec le temps, les choses évoluent”, remarque-t-elle cependant, “et l’opération m’a énormément aidée à m’accepter. Si mon histoire peut aider ne serait-ce qu’une fille, alors ça vaut le coup que je continue à en parler.”

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