Transfert d’argent : « Le marché africain doit relever les défis de l’information et du business illicite »

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La configuration du marché du transfert d’argent en Afrique est en pleine mutation, grâce à la dynamique de l’innovation technologique. Mais alors que les émetteurs restent encore (trop souvent) attachés aux systèmes conventionnels d’envois de fonds, Michael Kent, co-fondateur et CEO d’Azimo –une startup britannique particulièrement investie en Afrique- revient sur les défis de ce marché à l’heure du Web 2.0 et de l’ère Android. Entretien.

La Tribune Afrique : Comment se porte le marché du transfert d’argent en Afrique ?

Michael Kent : En Afrique, il est culturellement important de soutenir la famille. Nous savons, d’après les témoignages de nos clients qu’ils éprouvent vraiment de la fierté à envoyer de l’argent dans leurs pays pour aider leurs proches.

La diaspora nigériane, à titre d’exemple, est très importante -numériquement parlant- et c’est pour cette raison que le Nigeria est l’un des plus grands récepteurs de transfert d’argent au monde. Près de 35 milliards de dollars ont été envoyés au Nigéria l’année dernière. C’est l’une des communautés les plus actives sur ce plan au Royaume-Uni et cela donne un aperçu de la différence que peuvent apporter ces transferts dans la vie des gens. Et le Nigéria n ‘est pas le seul pays concerné. C’est valable pour le Kenya, le Ghana, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe qui ont également de grandes communautés, générant d’énormes flux de transferts d’argent vers leurs pays. A partir de l’Europe, le Maroc et le Sénégal sont également importants. Chez Azimo, nous envoyons des fonds vers 50 pays africains.

Par ailleurs, la technologie est train d’accélérer le changement du secteur. Le marché est vraiment, en quelque sorte, dans une phase de transition. La plupart des gens, de nos jours, ont un smartphone (plusieurs parmi nos clients en ont deux – surtout nos amis Nigérians !). C’est très intéressant, car cela donne lieu à des transferts d’argent plus rapides, plus faciles et bon marché.

Quels sont les challenges de ce marché actuellement ?

Nous avons identifié deux challenges majeurs. La plupart des gens qui sont toujours passés par les compagnies traditionnelles de transfert d’argent ne réalisent pas qu’il y a une meilleure façon, plus rapide et moins coûteuse de réaliser ces transactions. S’ils se sont rendus dans les locaux d’une agence, s’ils ont toujours fait la queue et patienté pendant 20 minutes pour ensuite remplir une pile de formulaires, ils s’y habituent.

Mais nous savons que les choses peuvent être nettement améliorées. Pourquoi rester à attendre dans une queue quand on peut être tranquille à la maison ou en route et utiliser une application mobile ? Pourquoi remplir une pile de formulaires quand on peut transférer de l’argent en quelques clics seulement ? Pour nous, la lourde tâche consiste en l’éducation et la prise de conscience de ce que la technologie nous facilite la vie.

Le second gros challenge concerne le marché au noir. Il faudrait trouver le moyen d’y mettre un terme. Tout le monde aime les bonnes affaires, mais dans de nombreux cas, ces dernières sont trop belles pour être vraies. Quand les gens tombent sur un deal vraiment bon marché, ils ne se posent jamais de questions sur la réglementation du transfert d’argent ou s’il existe une garantie en cas de pépin. Or, c’est tellement important d’utiliser un service bien réputé en lequel on puisse avoir confiance.

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